Séjour Aubrac, jour 5 - 14 sept 2022.

Notre séjour s’achève, mais le retour est ponctué par plusieurs visites qui sont autant d’occasion de nous régaler, aussi bien du côté des papilles que du regard !
Premier épisode : la visite de la fromagerie « Jeune Montagne » à Laguiole. Ce sont les moines de la Dômerie d’Aubrac au XIIème siècle qui développent l’élevage et la tradition fromagère du plateau. Après la Révolution, les seigneurs et abbayes dépossédés de leurs terres laissent place à de nouveaux propriétaires qui vont perpétuer la tradition de l’estive. Les burons, petites cabanes en pierre avec un toit de lauze étaient chargés d’accueillir les vachers et fromagers durant la période de Transhumance et d’abriter la production de fromage. Les conditions de vie austères des buronniers expliquent dans les années 1950, une chute de la production fromagère et la désertification de tout un pays. C’est dans ce contexte qu’une poignée de jeunes agriculteurs de l’Aubrac créent un outil de travail collectif et solidaire : la Coopérative Fromagère Jeune Montagne. Aujourd’hui, ce sont 76 producteurs qui fournissent 15 millions de litres de lait de vaches Simmental pour une production de 750 tonnes par an de Laguiole AOP. Le taureau a été choisi comme symbole de la Coopérative puisque c’est l’emblème de l’Appellation d’Origine Protégée et de la ville de Laguiole. La coopérative produit aussi le fameux aligot : à l’origine ce sont les moines d’Aubrac qui nourrissaient les pèlerins avec « quelque chose » (aliquid en latin), un mélange de mie de pain et de fromage, qui leur redonnait force et courage. Au 18ème siècle, à la suite d’une mauvaise récolte, les buronniers qui cuisinaient l’aligot remplacèrent le pain par des pommes de terre. L’aligot est ainsi devenu le plat de subsistance de l’Aubrac, non seulement produit vivrier, mais aussi plat de fête. Il accompagne chaque année la montée des animaux en estive.
Après avoir pu pénétrer le cœur de la fromagerie grâce à la galerie surplombant les ateliers de fabrication et les caves d’affinage, nous sommes invités à une dégustation des différents produits. Personne ne repartira sans avoir acheté quelques délices !
Deuxième épisode : la découverte d’Espalion. A l’origine bâtie sur de la roche, Espalion tire son nom du latin « speleu » qui signifie « roche ». Incontournable, le Vieux Palais s’élève au bord du Lot, que traverse le Pont Vieux. Ce palais, de style Renaissance, fut édifié en 1572 par les soins de « noble Bernardin de Lavalette » chargé de la défense d’Espalion pendant les guerres de religion. Quant au pont, il est le monument le plus ancien de la ville, déjà mentionné dans un acte de donation en 1060 ! L’édifice actuel date très probablement de la fin du 13ème siècle. Ce pont a été longtemps doté de trois tours et de boutiques en encorbellement de chaque côté, détruites au 18ème siècle. Sur la rive droite de la rivière s’alignent les anciennes tanneries. A leur base, de larges pierres plates, appelées « gandouliers » servaient au lavage des peaux pour la préparation des cuirs. Leur disposition en escalier permettait leur immersion quel que soit le niveau de l’eau.
Nous ponctuons cette promenade par un pique-nique en bord de Lot, du côté du Foirail, d’où nous apercevons, sur l’autre rive, la statue d’un scaphandrier, érigée en l’an 2000 en hommage aux inventeurs espalionnais du scaphandre autonome : Benoît Rouquayrol (ingénieur des mines) et Auguste Denayrouze (lieutenant de vaisseau) en furent les inventeurs en 1864, et Jules Verne s’en inspira pour équiper le capitaine Némo !
Dernier épisode : la découverte du « trou de Bozouls ». La légende raconte que le Canyon de Bozouls aurait été creusé en une nuit par le diable en personne ! Cela ne rappelle-t-il rien aux lotois que nous sommes ? Cependant les géologues ont une autre version ! ! ! Le canyon est un cirque naturel en forme de fer à cheval creusé dans les calcaires du Causse Comtal. 400m de diamètre, 100m de profondeur. C’est la rivière Dourdou qui a façonné cette curiosité naturelle pendant des millénaires. La balade au cœur du site nous conduit jusqu’à la cascade du Gourg d’Enfer, haute de 13m et surplombée par la falaise. On raconte que c’est du haut de cette falaise qu’un mendiant las de la vie a basculé . . . Depuis, on appelle ce lieu « Le saut du mendiant ».Sur l’éperon rocheux du canyon est bâtie l’église romane Sainte-Fauste, en grès rouge. Datée du 12ème siècle, elle impressionne par le manque de verticalité des piliers du chœur. On y découvre un linteau à entrelacs, de nombreuses dalles funéraires et de riches chapiteaux. Pour l’anecdote, en 1982, un funambule traversa le canyon le long des 400m de son diamètre, à 100m au-dessus du sol !

C’est à Bozouls que notre groupe se sépare à regret. Mais d’autres projets sont déjà à l’œuvre, qui nous permettront de vivre à nouveau ces formidables moments de découverte et de partage !
Nous remercions de tout cœur nos bénévoles qui se sont surpassés pour que ce voyage soit une réussite, et tout particulièrement Andrée, Bernard, Georges, ainsi que Philippe, marcheur infatigable, sans oublier nos co-présidents Hubert et Jean-Marie, dont l’absence nous a touchés, et dont le travail « en coulisses » a largement contribué à ce que ce moment puisse exister. Merci aussi à tous ceux qui ont ponctuellement participé à ce que le programme des randonnées puisse se décliner en plusieurs versions afin que chacun profite à sa mesure de ces lieux magnifiques.

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