17 mai 2022 - J3 à Bédoin.

Jour 3 à Bédoin.

Nous partons ce matin depuis notre hébergement pour une randonnée de 12km qui va nous conduire vers la Combe Obscure et le rocher du Gros Pata. En provençal, "pata" signifie "corbeau". Ces volatiles ont donné son nom à ce rocher aux alentours duquel ils se perchent souvent.
Avant d’entamer le chemin, nous faisons une halte devant la chapelle de la Madelène, datée du XI, XIIème siècle.
Le site était un lieu de culte à l’époque gallo-romaine comme en témoigne une stèle conservée sur place, dédiée à une divinité locale, Sacanus ... Lieu de culte à mettre en correspondance avec le sanctuaire de la source du Groseau, près de Malaucène, où certains de nos randovaliens se sont, hier, rafraîchis les pieds ... Une petite nécropole chrétienne s’installa en ces lieux au Vème siècle, et à la fin du Xème siècle un premier édifice existait déjà.
Construite dans le 1er tiers du XIème siècle, la chapelle actuelle, par ses proportions trapues, ses trois absides semi-circulaires, couvertes de lauzes, ses voûtes en berceau et son clocher percé de baies géminées, est un exemple exceptionnellement bien conservé du premier art roman méridional.
Nous prenons le chemin ombragé de la Combe Obscure qui monte doucement vers le rocher du Grand Pata, équipé pour les amateurs d’escalade. L’un des nôtres, expert en ce domaine, nous explique que les crochets auxquels peuvent s’assurer les grimpeurs sont placés suffisamment haut pour éviter que des néophytes ne se mettent en danger en s’aventurant sur une paroi qui exige une connaissance assurée des arcanes de la grimpette !
Notre parcours nous conduit ensuite sur le chemin des pierres du Vaucluse, qui monte jusqu’à un plateau qui nous offre un superbe panorama sur la plaine et au-delà sur les Dentelles de Montmirail que nous approcherons vendredi ...
Puis nous entamons la redescente vers Bédoin, quelque peu "technique" ... Nous verrons au passage des plantations de chênes truffiers, qui nous rappellent notre Quercy ... Et nous cheminons au milieu des carrières d’ocre dont les chaudes couleurs sont un enchantement !
Mais le retour vers notre hébergement sera lui aussi très "chaud", avec quelques tours et détours imprévus, qui augmentent le kilométrage et affament nos marcheurs en sueur ! Heureusement, l’accueil au VTF est au top ! Nous avons été attendus et accueillis avec des sourires et de quoi réparer copieusement nos forces avant de nouvelles aventures.
En début d’après-midi un petit groupe s’aventure donc jusqu’à Venasque, sur les conseils de Philippe. C’est un des plus beaux villages de France, une ancienne cité médiévale dont subsistent aujourd’hui les vestiges des remparts et 3 tours sarrasines. Les ruelles y sont escarpées, les maisons de pierres dorées et surtout il y a un magnifique baptistère du VIème siècle, d’époque mérovingienne, que nous visitons. A côté, l’église romane abrite un magnifique tableau du XVème siècle, une crucifixion de l’école d’Avignon, datée de 1498, restaurée au Louvre dans les années 30. Le musée "oubliera" de rendre le tableau tant l’œuvre est appréciée ! Les habitants de Vénasque exigeront plusieurs fois sans succès la restitution du tableau. Ils profiteront de la période précédant les élections législatives de 1936 pour envoyer une pétition au député-maire d’Avignon, Édouard Daladier. On dit que 48h après, la direction du Louvre recevait une lettre du ministre des Beaux-Arts la sommant de rendre le tableau... Ce qui fut fait !
Nous terminerons le périple en dégustant de délicieuses cerises, une spécialité de la région. La cerise des Monts de Venasque est en effet une référence en termes de qualité visuelle et gustative ! Il existe même une Confrérie de la Cerise, créée en 1998.
Une nouvelle journée magnifique !
Demain, suite du feuilleton !

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