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Club de Randonnée Pédestre de Puy-l’Evêque (46)

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1er avril 2021 - Montcléra

Montcléra, circuit de la Boutelle 1er Avril 2021
En ce matin ensoleillé et doux, avec entrain, nous sommes une vingtaine de randovaliens à partir sur le circuit de la Boutelle (10km). Nous laissons Montcléra et son château du XVIème siècle pour rejoindre Farge Haute, puis le hameau des Gunies où nous découvrons de vieilles bâtisses en pierres , un porche et sans doute l’ancienne école… Une petite route en pente douce nous conduit devant une ferme construite avec des pierres locales de couleur brune ; certaines, ferrugineuses, attestent de la présence de minerai de fer jadis exploité dans cette zone. Un peu plus loin, nichés au creux d’un vallon une fontaine et un ancien lavoir typique de notre Quercy témoignent d’un passé encore proche.
Après une demi-heure de marche en bordure de prairies et de fermes, nous arrivons au lieu-dit « La Trapelle », ferme au carrefour de 6 chemins. Sur ce plateau, nous empruntons un chemin forestier. Sous nos pas, le sable se mêle à l’argile et les essences de la Bouriane, le châtaignier et le pin maritime prouvent l’importance du bois dans ce secteur du Lot. Si de nombreuses coupes ont été effectuées afin de régénérer la forêt, en revanche les pins ne sont plus exploités pour leur résine. En effet, du milieu du XIXème siècle aux années 1960, le gemmage (récolte de la résine de pin) fut à l’origine d’une industrie importante dans le sud-ouest. A l’aide d’une petite hache courte (hapchot) , le gemmeur réalisait une entaille( la carre) dans l’écorce d’un pin âgé de trente ans environ. En-dessous de la « carre » était enfoncée une lamelle de zinc et un pot en terre cuite où s’écoulait lentement la résine. Une fois récoltée, elle était envoyée dans des barriques à la distillerie (à Frayssinet-le Gélat) pour obtenir de l’essence de térébenthine et des produits de base pour l’industrie chimique (peintures, vernis, colles…). Malheureusement, ce long et pénible labeur ne put survivre à la concurrence internationale liée à l’ouverture du marché français en 1952.
Notre cheminement se poursuit dans les sous-bois bordés d’ajoncs épanouis et de genets en boutons. Après les Garrigues, nous descendons vers la belle ferme de la Valade et rejoignons une petite vallée ombragée pour grimper à travers bois sur le plateau et rejoindre Montcléra au niveau de l’école. De là, la vue qui s’offre à nous mérite une photo. Les tours du château et l’église St Pierre se détachent, entourées des maisons de ce bourg bien restauré.
Un peu d’histoire s’impose avant de quitter les lieux. Le château de Montcléra fut édifié à la fin du XVème siècle par la famille de Gironde sur un fief créé en 1334 pour Noble Arnaud de Commarque, seigneur périgourdin par le Duc de Normandie, futur roi de France Jean le Bon. C’est en 1504 qu’est mentionné le château, possession de Jean de Gironde. Cette famille qui accéda au Marquisat en 1616, posséda ces biens jusqu’à la Révolution.
Construit à la fin du XVème et au début du XVIème s , dans un pays dépeuplé et ruiné au lendemain de la guerre de Cent Ans, il s’impose grâce à un corps de logis, des tours rondes dans les angles et une tour en milieu de façade abritant un escalier en vis. La cour du château était entourée par un mur d’enceinte doublé de douves au sud et à l’ouest. On les franchissait par un pont levis installé dans un châtelet construit au début du XVIIème s.
Aujourd’hui propriété privée, ce château accueille les visiteurs lors des Journées du Patrimoine. Une bonne sortie en perspective pour septembre prochain … C’est ce que l’on peut espérer si l’on se passionne pour les vieilles pierres et ceux qui les entretiennent si bien !

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