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Club de Randonnée Pédestre de Puy-l’Evêque (46)

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27 mai 2021 : Labastide du Vert

Depuis le parking de Labastide du Vert, nous partîmes 24 sur les traces du peintre Henry Martin.
La matinée s’annonçait exceptionnellement belle, ciel sans nuages et température douce.
Tout d’abord, un départ du village en montée, route sinueuse nous menant à la gariotte et à la maison des vignes. Nous longeons le vignoble pour atteindre le Soulquié, nous traversons le hameau.
Je suis en pleine conversation, comme bon nombre de marcheurs mais à la seule différence, c’est qu’aujourd’hui est ma journée de tête de groupe !!! Lorsque tout à coup, j’entends un coup de sifflet de Philippe !! Oups, petite erreur, j’avais manqué mon chemin sur la gauche !!
Nous continuons sur la route des crêtes, ancienne voie gallo-romaine qui chemine entre les maisons pour atteindre l’endroit du dolmen effondré et où un petit sentier nous mène vers une très belle gariotte : nous tenons debout à l’intérieur.
De retour sur la route des crêtes, nous poursuivons jusqu’au hameau Trigodina (il me tarde de dîner en occitan !). Comme un bon ange gardien, Philippe me demande si je me souviens du prochain tronçon ? Mais oui Philippe, pas de problème ! Les iris jaunes sur la droite et à gauche le muret de pierres !
Arrivés au lieu-dit la Borde Rouge, toujours en pleine conversation, j’entends le 2ème coup de sifflet de Philippe !!! Oups, Oups, 2ème petite erreur : j’ai vu les iris mais pas de muret à gauche !!
Repartis sur le bon chemin, nous descendons vers Labastide du Vert quand soudain sur la gauche, tapi dans les herbes hautes, nous apercevons un nouveau-né faon, très maladroit sur ses pattes semblant perdu, pétrifié et attendant impatiemment le retour de sa maman.
Nous coupons la route principale qui mène au village, traversons un bras de la rivière et profitons d’un coin de verdure pour poser nos sacs et apprécier cette pause-café bien méritée car la chaleur commence à nous donner quelques suées !!
En route pour la 2ème boucle avec une longue montée caillouteuse « le chemin des sangliers » au bout duquel nous attendaient à l’ombre, Nicole et Bernard : direction Sals, adorable petit hameau sur la commune de Labastide du Vert, que Bernard a tenu à nous faire visiter.
Retour et descente vers le village sur un chemin ombragé que nous n’étions sûrement pas les seuls à emprunter vu le labourage fait par les sangliers !
Nous arrivons devant l’église, monument qui a été peint sous toutes ses formes, en toutes saisons par Henry Martin et c’est de l’autre côté de la route que nous avons choisi le carré d’herbe à l’ombre pour que je sorte mon joker : façon de me faire pardonner mes oublis avec une évocation du peintre, sa vie, son œuvre. Je voudrais remercier l’audience pour les applaudissements !!
Pour atteindre le parking, nous longeons la départementale à la découverte de la source et ensuite de la plaque à la mémoire de Henry Martin.
Dans le prolongement, le long du trottoir, un « travail » (ensemble d’étaux et de barres de bois) pour ferrer les animaux de ferme.
Le parking est tout prêt : nous sommes bien heureux de nous déchausser car environ 11km, et bien c’est pas mal, pour une ½ journée de marche dans la chaleur !!! Au plaisir de tous vous voir !!!

Henry, Jean, Guillaume Martin dit Henry Martin est né le 5 août 1860 à Toulouse d’une maman ménagère et d’un papa ébéniste.
A l’âge de 17 ans, il effectue un apprentissage aux Beaux-Arts de Toulouse dans l’atelier de Jules Garipuy.
Jules Garipuy était à l’époque la figure de proue de la vie artistique toulousaine du 19ème siècle, il fut directeur du musée de Toulouse et professeur à l’école des Beaux-Arts : c’était un professeur très rigoureux, sélectif et il décourageait de la profession artistique les élèves qui ne montraient aucune vraie vocation. Il a eu comme élèves entre autres, Jean-Paul Laurens, André Rixen...
A 21 ans, Henry Martin épouse à Toulouse Marie-Charlotte Barbaraux, pastelliste rencontrée aux Beaux-Arts. Ils auront 4 fils dont deux deviendront peintres : Claude René Martin et Jacques Auguste dit "Jac".
En 1885, à l’âge de 25 ans, il quitte la France pour l’Italie.
Ce voyage marquera un tournant dans son art et il s’orientera vers une inspiration plus poêtique : il s’éloigne des modèles académiques notamment l’impressionnisme dans la seconde partie du 19ème siècle (mouvement pictural caractérisé par des traits de pinceaux visibles), au profit du post-impressionnisme : le néo-impressionnisme qui englobe le divissionnisme, le chromo-luminarisme et le pointillisme (fin du 19ème siècle et début du 20ème siècle).
Cette technique picturale qui consiste pour le peintre à ne pas mélanger ses couleurs pures sur sa palette ou directement sur le tableau mais à les juxtaposer sour formes de petites tâches ou touches séparées, ce qui oblige l’oeil et le cerveau du spectateur à combiner optiquement les couleurs.
Georges Seurat en fut l’initiateur et Paul Signac, un des principaux propagateurs.
En 1892, Henry Martin a 32 ans, ses peintures ornent le Capitole (Toulouse), la préfecture deu Lot (Cahors), La Sorbone (1908), l’Hôtel de Paris, le Conseil d’Etat, l’Elysée, la mairie du 5ème à Paris.
A 39 ans (1899), Membre de la Société Nouvelle des Peintres et des Sculpteurs, est organisée la première exposition collective dans une galerie à Paris.
Il n’a jamais eu d’élèves mais que des amis peintres et scupteurs.
Il s’installe à Labastide du Vert et crée son atelier, à la sortie du bourg, direction Fages au lieu-dit Marquérol, au fond d’un chemin caillouteux (n’est pas visible de la route et n’est pas visitable) où il terminera ses jours.
En 1917, il est élu Membre titulaire de l’Académie des Beaux-Arts.
Il décédera le 12 novembre 1943 à l’âge de 83 ans et sera enterré dans le cimitière de Labastide du Vert.
PS : en 2012, dans une maison à l’abandon appartenant à des héritiers d’un grand magistrat collectionneur, 43 toiles inédites ont été redécouvertes (dont 4 lui sont dédicacées) ont été mises aux enchères :
- 16 sont acquises par le musée Henry Martin de Cahors et 50 tableaux constituent le coeur du musée.
De nombreuses villes exposent ses tableaux : Paris, Bordeaux, Toulouse, Carcassonne, Rennes, Montpellier, Reims, Collioure, St Cirq lapopie...
Longtemps délaissé, Henry Martin commence à voir sa côte grimper auprès des populations anglophones.

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