4 septembre 2022, randonnée des 2 chateaux - Cazes Mondenard

Oh ! que oui, nous l’avons bien méritée cette rando !
Après 2 reports dûs à cette vilaine bêbête qui ne cesse de nous hanter et ne nous laisse aucun répit, nous voilà, 15 âmes regroupées sur le parking de l’église de Cazes-Mondenard.
Il est 9h15, un ciel d’un bleu azur qui nous invite à l’évasion et une température qui promet d’être bien affirmée en fin de matinée aux alentours des 34°, mais nous allons résister et tenir bon car le programme paraît alléchant !
Nous laissons sur notre droite la médiathèque et empruntons la rue du Vicariat qui descend en pente douce entre 2 champs de kiwis, des habitations, des pommiers à pommes rouges ou jaunes jusqu’au carrefour de la départementale D31.
Nous atteignons le 1er pont qui enjambe la Grande Barguelonne.
Nous continuons la route vicinale, des champs de tournesols complètement grillés par la canicule et hop ! bifurcation sur la droite et première belle montée : il fait très chaud et les gouttes de sueur commencent à perler sur le front. Nous sommes au milieu des vergers, de vignes, nous quittons le macadam pour un joli sentier gazonné, abrité de feuillage et cela fait du bien ! Nous goûtons quelques mûres au passage !
Nous longeons une belle bâtisse de pierre blanche sur la gauche à l’entrée du hameau de Mondenard .
Nous surplombons les vergers, sur la droite nous apercevons deux tours du château de Lauture sur l’autre versant au milieu d’immenses cèdres.
Et si nous prenions cette sente sur la gauche jusqu’au château de Mondenard ? Arrêtés par les hautes grilles, nous ne pouvons que regarder cette lourde bâtisse à la pierre blanche : nous sommes dans le Quercy Blanc !
Nous revenons sur nos pas et prenons la direction « Castaille » : traversée d’une pinède bien agréable !
Arrivés à l’intersection St Urcisse/Tréjouls, nous empruntons le sentier Favarel Haut, des pommiers à gauche, des pruniers à droite, des amandiers et de forts aboiements de chiens nous donnent l’indice qu’il faut prendre cette petite sente sur la droite !
Que ce sentier est beau, tout abrité, en descente sur un tapis de feuilles mortes.
Après les cerisiers, le chasselas, le muscat et les amandiers, nous atteignons, en bout de route, l’église de Cazillac où nous attendent, Mr Fabien Philippi qui nous donnera quelques explications sur cet édifice (voir détails plus bas), et les 5 âmes restantes venues nous rejoindre pour terminer cette belle journée : ça y est notre groupe de 20 âmes est bien formé.
Au bout de trente minutes, nous quittons le parvis de l’église et à 1km, nous atteignons le Pont de Lissart (voir détails plus bas) sur la gauche, qui enjambe la Grande Bergalonne et faisant face au château de Lauture.
Nous foulons un grand champ de tournesols complètement secs.
Nous contournons le château de Lauture par la route vicinale, une côte lente qui devient caillouteuse puis sur un tapis d’herbe à l’abri de pins et de chênes liège.
Il est presque 13h et ça y est, nous atteignons le lieu-dit le Minguet et donc la dernière grande montée vers le musée et surtout vers notre point de ravitaillement : un bon déjeuner nous attend au restaurant !
Que cette halte nous a fait du bien et que cette visite du musée du corbillard et de l’attelage nous a reposés !
Il est 15h30 et il est temps de penser au retour et à la dernière visite, celle de l’église de Cazes-Mondenard où nous attend Mr Arnal.
Le chemin se fera facilement à travers des pins, sur un sol terreux et couverts d’herbes bien à l’abris des rayons du soleil et parcouru de belles grandes photographies d’animaux locaux. Il ne nous reste que 2km500 et nous serons à l’heure pour écouter toutes les explications au sujet de cet édifice religieux, il sera 16h30 !
Nous sommes exténués, dégoulinant de sueur, nous avons atteint nos limites sous cette chaleur écrasante mais que de bons souvenirs de cette journée !
A bientôt de tous vous revoir sur nos sentiers lotois et autres.

Pont de Lissart :

L’origine de son nom reste inconnue mais il est nommé Pont de Lissart dans un acte notarié de 1464 : date officielle la plus ancienne aujourd’hui trouvée de la preuve de son existance.
Très vieux pont en pierres calcaire dit "le pont romain" dont l’histoire est étroitement liée à celle des deux châteaux qui l’encadrent, de Mondenard et de Lauture.
Il permettait de relier le château de Mondenard, possession de Bernard de Mondenard, et le château de Lauture, possession de Jean d’Orgueil de Lauture.
Majestueux pont qui enjambe de sa belle arche la rivière de la Grande Barguelonne et qui permettait de relier Lauzerte à Castelnau-Montratier.
Monument maintes fois remanié au cours des siècles qui laisse lire dans son bâti une partie de son histoire, dont le fait qu’il était à une époque deux fois plus haut.

Église saint Pierre-ès-liens de Cazillac :

Sur l’emplacement de l’actuelle église de St Pierre-Es-Liens de Cazillac était un temple Gallo-Romain dédié à Jupiter.
Elle fut détruite et ruinée par les Albigeois au XII, par les Pastouraux en 1320 et puis par les Anglais durant la guerre de 100 ans. Jean XXII l’unit à la chartreuse de Cahors en 1331 et ce n’est qu’au XVII qu’elle devint un prieuré cure à la collation de l’Evêque.
Sa proximité lui donna le privilège d’être très liée aux châteaux de Mondenard et de Lauture..
En 1565 les protestants l’occupèrent et la transformèrent en Temple.
Elle fut restaurée plusieurs fois, mais lors des dernières améliorations, un nouvel autel a été formé d’une meule, de grés rose, posée sur un rouleau à dépiquer provenant de l’ancien moulin du château de Lauture.
Nous pouvons voir de nombreux tacherons dans les murs de l’église et un très vieux Tabernacle en bois doré de la fin du XVII siècle.
L’église possède deux mobiliers remarquables, puisqu’ils sont inscrits aux titres des Monuments Historiques :
- tableau restauré et protégé dont la toile du XIX siècle est peinte à l’huile. C’est une copie d’une vierge à l’enfant "la Sainte Famille", célèbre oeuvre du peintre espagnol Bartholomé Esteban Murillo
- une statue restaurée et protégée (fin du XVII siècle) en bois monobloc polychrome, représentant la vierge à l’enfant rarement rencontrée tant dans la position des deux êtres (l’enfant tient la vierge par le cou), que par l’expression de leurs visages. C’est une oeuvre réalisée sous le règne de Louis XIV.

Eglise de Cazes-Mondenard :

Cette église est mentionnée en 1097 et en 1240 parmi les possessions de l’abbaye de Moissac.
En 1097, le pape Urbain II la désigne sous le nom de St Pierre de Cazer.
L’édifice fut détruit, ruiné durant les guerres de religion puis restauré et rebâti en 1827
Il ne reste que les colonnes de retombée et les deux chapelles inégales s’ouvrent sur la première travée, celle de droite était celle des seigneurs de Mondenard.
Plusieurs restaurations ont été effectuées et la dernière en date fut de repeindre tout son intérieur en 1939 par le peintre Gaillard-Lola.

Musée du corbillard et de l’attelage :

C’est une curiosité à voir, qui n’est pas morbide du tout et qui date des années soixante-dix.
J’ai lu, visite "originale et pointue" ? Original : oui, pointu : ah ! OUI !
Le discours est bien rôdé et complet et celui qui devance les questions, qui daigne poser un doigt sur un objet ou qui ne se tient pas à la bonne place, se fait littéralement férocement recadré !
Attitude sûrement envers des groupes d’écoliers et de collégiens !! Mais Mr Quercy aime à se qualifier de philicorbolien !
Il protège farouchement son patrimoine ; une visite très intéressante de plus de 150 corbillards hippomobiles du XVIII siècle au XX siècle, des charrettes, carrosses, du matériel agricole, des objets d’un autre temps pour la maison, tonneaux, bétaillères, un char royal de 1750, un houahoup pour enfant...!
Nous n’avions pas à sortir nos mouchoirs : c’était une étonnante découverte !
Oui, oui ... on parle bien de ces voitures funèbres, recouvertes de tentures noires brodées au fil d’argent, certaines ont même des allures d’œuvre d’art.
Sans compter sa collection de solex, Motobécane et tracteurs de tous temps et toutes nationalités.
La visite vaut le déplacement !

Château de Mondenard :

Le château de Mondenard est situé face à Cazes sur l’autre rive de la Barguelonne : l’historien Henry Guillemin qualifie cet édifice "de plus puissant château du Bas Quercy".
Il fut construit à cet emplacement au XII / XIII siècle mais il fut incendié et complètement rasé en 1214 par Simon de Montfort et son armée de chevaliers du Nord. Il fut plusieurs fois détruit et reconstruit parfois totalement, parfois partiellement. Plusieurs Familles (ou Maisons) s’y succédèrent.
La Seigneurie de Mondenard date du XIII siècle. Elle a été partagée entre les Durfort, les Gourdon, les Montagut (Montaigut), les Luzech et les Mondenard.
L’ancienne famille de Mondenard occupait cette place, à en croire la légende, depuis Charlemagne.
A la fin du XIII siècle, seule subsistait la famille de Montaigut : par mariage de la fille de Mondenard avec Arnaud de Montaigut.
A la mort d’Arnaud, son fils cadet Armand devint seigneur de Mondenard et en portât le nom.
Avec ses frères Bertrand de Montaigut, abbé de Moissac et Sicart de Montaigut, évêque de Cahors, il développa la baronnie, dont une partie autour de Lauture pour former une seigneurie indépendante du château de Mondenard.
La famille de Narcés avait construit à l’origine à Lauture, une simple maison fortifiée, qualifiée de repaire dans un texte en 1309. la seigneurie de Lauture n’aura que plus tard, son château.
Il fut occupé par les troupes anglaises à l’époque de la guerre de 100 ans puis libéré et réparé.
Le 1er événement relatant le château date du 17 février 1214 avec le départ des chevaliers et la capture de Beaudoin, demi-frère du Comte de Toulouse (Raymond VI), son ennemi. En guise de représailles, le château fut incendié et complètement rasé en juin 1214.
Au XVIII siècle, des déboires matrimoniaux, des problèmes successoraux grevés de dettes, la baronnie fut saisie et vente aux enchères publiques des biens (28/08/1770).
La Maison de Caussea de Mauvoisin occupe les lieux de 1772-1777 : Jean de Caussea de Mauvoisin est qualifié de Baron de Mondenard mais ne peut pas faire face à la situation et se dessaisit au profit de Pierre de St Sardos (Gouverneur de Castelsarasin) de 1777/1812. Il se déclare à son tour Baron de Mondenard anobli peu après son mariage avec Angélique d’Etanchat : il meut en 1785.
Son frère et son neveu n’ayant pas été anoblis, c’est son fils Jean de St Sardos, marquis de Mondenard qui succède à la baronnie et épouse la fille du dentiste de la famille royale et dicte ses titres dans son contrat de mariage : comte de St Sardos, marquis de Mondenard, baron de Cazes, seigneur de Biscarros et autres lieux.
Il fit construire de nouvelles ailes du château au XVIII siiècle.
A la révolution, il émigre en Angleterre. A la première amnistie, il revient en France et signe ses nouveaux écrits du seul nom de Mondenard.
Au XIX siècle, tous les seigneurs précédemment cités ont disparu pour laisser la place aux descendants de Vital de Montaigut et d’Hermengarde de Mondenard. Les derniers hésitèrent longtemps entre le nom de de Montaigut et celui de Mondenard et finirent par opter pour de Mondenard.
Il vend la terre et le château de Mondenard en 1812 au Baron de Chazal, préfet des Hautes-Pyrénées, pour acheter la terre de Malause, au bord de la Garonne. Il décède à Paris sans postérité en 1823.
La légende fut que le château servit de cachette à un trésor qui était rassemblé dans une peau de bête. Selon toute apparence, personne n’a trouvé de trésor. Mais si quelqu’un l’avait trouvé, s’en serait-il vanté ?
L’actuel propriétaire du château de Mondenard est un peintre australien du nom de Tim Maguire.

Le château de Lauture de Cazillac :

Le château de Lauture, restauré style Renaissance se dresse à l’extrémité du plateau de Lauture.
La famille de Narcés en rendait hommage au suzerain, le baron de Mondenard.
Quatre familles s’y sont succédées : Famille de Narcés (XIII au XV siécle), Famille d’Orgueil (XV au XVI siécle), Famille de Montaigut (XVI), Famille d’Escayrac (XVII au XVIII siécle)
Ces derniers possèdent encore le château.
Il ne reste de l’ancienne construction qu’une grosse tour carrée nommée ’Tour d’Espanel".
Le château de Lauture fut détruit en 1214 par Simon de Montfort, en 1320 par les Pastoureaux et en 1445 lors de l’explusion des Anglais de cette partie de la Guyenne
En 1401, Raymond de Narcés reçut de Jean de mondenard, tous ses biens, ceux d’Armand de Mondenard et de Bertrand de Montaigut (dont il avait hérité), en raison de ses bons services.
Raymond de Narcés devint donc vrai seigneur de Mondenard.
A la mort de celui-ci, un procés s’ensuivit entre les descendants de Jean de Mondenard et les héritiers de Raymond de Narcés. Il y eut partage entre les de Narcés, les de Mondenard et les d’Orgueil (gendre de Raymond de Narcés).
En 1578, une descendante de la famille de Montaigut épousa Charles d’Escayrac. Les seigneurs d’Escayrac étaient propriétaires de la terre d’Escayrac près de St Aureil.
D’après la description du château faite le 23 juin 1792, lors du procés verbal d’inventaire : un descriptif bien détaillé de l’édifice de l’arrivée au château donnant sur la cour ainsi que les atours du château forment une terrasse dominante sur les possessions du dit château et sur les côteaux et vallons qui environnent ledit château.
Il y avait joignant, jardin, garenne, pigeonnier à 4 pieds bâti en pierre à chaux et sable, couvert de tuile crochet.
Les dépendances d’après l’affiche d’adjudication du V messidor an VII, formaient 470 hectares compris en 6 domaines du Bouyssou, de Ribot, de Raspau, de Cazillac, d’Alon et d’Escayrac et estimés par le sieur Barrau chargé de la vérification génèrale à 702.700 livres.
En 1621, le château fut incendié et détruit par Maximilien de Béthume, comte d’Orval, qui détruisit les propriétés des partisans du roi durant le siège de Montauban.
Relevé de ses ruines par Mathurin d’Escayrac, seigneur de Lauture de 1630 à 1640, il fut assiégé et pillé le 5 février 1790 par des paysans révoltés (période de la Révolution).
L’actuel édifice a été reconstruit en grande partie depuis 1884 par l’architecte bordelais Abel Duphot. Les projets de construction proviennent de Forestier, Horeau Petit et Viollet Le Duc.
C’est la famille d’Escayrac qui est toujours propriétaire du château de Lauture.

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