5 février 2026 - St Léobard

Léobard : circuit de l’ Abbaye Nouvelle du 5 Février 2026

Cet après –midi de Février plutôt humide et incertain nous conduit en Bouriane entre vallées et coteaux sur une partie du chemin de Compostelle .

Quittant le parking de la mairie de Léobard ( à 7 km de Salviac) nous prenons une route pentue avant d’emprunter à droite « le chemin des écureuils ». Alors commence un beau cheminement sur un sentier en balcon bordé de végétation et de mousses très épaisses ; arrivés à une petite route, nous nous engageons près de « Chante- Grel, »sur un large chemin le long duquel s’offre à nous un panorama que la brume nous empêche d’apprécier. Dommage ! ( la Dordogne n’est pas très éloignée d’ici !).Avançant encore sur 600m, sur notre droite, c’est une sente bordée de murets de pierres qui guide nos pas . Il faut rester vigilants afin de ne pas trébucher . Nous sommes sur une zone très rocailleuse et imaginons tout le travail des anciens pour aménager ces lieux afin de faciliter les échanges .

Près des Bouyssières, le dénivelé est plus marqué et nous descendons assez rapidement mais en assurant nos pas jusqu’à la D 46. Nous la traversons , passons le pont sur le « Céou » ( petit affluent de le Dordogne) et continuons tout droit, laissant Jardel – Bas sur notre droite. A l’ intersection suivante, en raison de la pluie qui nous oblige à privilégier la prudence, nous n’empruntons pas le circuit vers le pech de Mazou . Nous décidons de poursuivre sur la voie verte qui longe le Céou et rejoint le GR 652 pour nous conduire jusqu’à Pont – Carral. . Notre déambulation se poursuit le long du ruisseau et, soudain, derrière un rideau d’arbres dépouillés se dresse la silhouette majestueuse de l’Abbaye- Nouvelle. Accélérant le pas à travers de petites rues en pente, nous nous trouvons aux pieds des vestiges de cette abbaye fondée au XIIIe siècle, sur le Pech- Gisbert, sur la commune de Léobard .

En 1242 , Guillaume de Gourdon, coseigneur de Gourdon et seigneur de Salviac, est inculpé de Catharisme. Pour éviter un procès, il donne une partie de ses terres à l’ Abbé d’ Obazine ( Corrèze) . Les moines cisterciens d’Obazine s’installent ici et mettent 30 ans pour édifier l’église et le monastère.

Pourquoi l’appellation « Abbaye – Nouvelle » ?  :

Au XIIIe s, cette abbaye appelée « Sainte –Marie de Gourdon » est dénommée « Nouvelle » en référence à une 1ère tentative d’implantation des Cisterciens à St- Martin – le Désarnat ( Lavercantière) en 1150 .
Au XIII e s, grâce à une économie prospère et à une église en lutte contre l’hérésie , la communauté religieuse s’est développée et a obtenu des privilèges : droit de basse-justice de l’Abbé sur certains repaires de la région ; droits de l’abbaye reconnus par les commissaires royaux à Villefranche du Périgord …

Mais cette prospérité relative ne dura pas : pendant la Guerre de Cent Ans, le monastère fut ravagé et pillé ( 1377- 1387 ). Au XVI e s, les protestants s’attaquèrent à Gourdon et aux campagnes environnantes . Au XVII e s , les moines quittèrent les lieux . En 1777 , seule l’église était intacte tandis que les bâtiments claustraux étaient en ruine…Puis survint la Révolution : l’abbaye et ses biens furent vendus comme bien national , sauf l’église . Les bâtiments servirent alors de carrière de pierres.

A l’origine, l’église de l’Abbaye- Nouvelle de style gothique simple se composait d’une nef unique, sans transept et de 5 travées sur une longueur de 45m. Aujourd’hui, subsistent la partie de l’église érigée au-dessus d’une salle basse voûtée ( ancien cellier)et les vestiges des murs situés autour de l’aire du cloître . Créée en 1978 , l’association « Les Amis de l’Abbaye –Nouvelle » a mené plusieurs campagnes de fouilles, a permis des tranches de sauvegarde du site et s’est engagée pour sa préservation et son inscription au titre des Monuments historiques ( 1991 ) .Très régulièrement, ont lieu ici-même des manifestations variées ( concerts, spectacles, joutes, conférences, expositions…) au profit de ce site remarquable .

Notre visite terminée , nous longeons le hameau et rejoignons la D 673 que nous quittons rapidement pour emprunter la route de Léobard . Sur notre droite s’ouvre un large chemin que nous suivons longuement, sous une pluie plus dense, pour enfin, par un sentier à travers bois , rejoindre le village de Léobard si paisible autour de son église ste Madeleine.
Malgré une météo capricieuse, les 15 randonneurs ont apprécié cette sortie et ont fait preuve de bonne humeur. Un grand MERCI à tous et à bientôt avec le soleil peut-être ?

Portfolio