8 septembre 2026 - Var J3 - Chateaudouble et Trans en P.

RANDONNÉE CHATEAUDOUBLE – Gorges de la Narturby - 3éme jour

Que l’on soit petite ou grande chaussure, un seul rendez-vous, ce mardi, le village perché de Chateaudouble pour s’enfoncer dans les gorges sauvages de la Nartuby soit un circuit de 11,500 kms et un dénivelé de 200 m.

L’arrivée est des plus pittoresque : un énorme rocher sert de gardien et un tunnel ouvre la voie à un voyage dans le passé. Au gré de rues en calades, de passages voûtés et sur les frontons sculptés se révèlent les charmes de Châteaudouble : le grand lavoir de 1811, la chapelle Saint Pierre et son abside en cul de four, la tour « neuve », le belvédère avec vue sur les gorges et la chapelle Saint Jean.

Cité en 1027, « castellum diaboli », comme le château du diable, parce que construit au sommet d’un site inaccessible, le nom évolue en Châteaudouble dès le XIIIème siècle. Le village compte alors deux châteaux, l’un situé à l’emplacement de l’actuel cimetière et l’autre sur la rive opposée (gauche) de la Nartuby. Remparts et tour assurent la sécurité haute des lieux. Au milieu du XVème siècle le village quitte l’emplacement primitif devenu trop exigu pour s’installer en appui sur les falaises autour de la nouvelle église dédiée à Notre Dame de l’Annonciation.

Nostradamus évoque le village dans l’une de ces prophéties Châteaudouble, double château, la rivière sera ton tombeau, en évoquant la Nartuby responsable de l’usure des falaises qui protègent le village.

Pour mémoire, dans la nuit du 15 au 16 juin 2010, deux portions de la route se sont effondrées dans la rivière Nartuby. La chaussée s’est également affaissée en plusieurs endroits. Idem pour des coulées de terre. La route a été interdite à la circulation et n’a pas rouvert depuis. Durant cette période, les filets de sécurité ont continué de s’encrasser. Les gorges sont en effet propices aux chutes de pierres, le tout dans un site aussi remarquable pour sa beauté que pour le grand intérêt patrimonial de sa faune et sa flore (Natura 2000).

De l’aire de stationnement nous descendons, plein ouest, dépassant des villas provençales aux oliviers chargés de fruits, pour s’enfoncer dans les gorges par un chemin carrossable dit des Avals en longeant les restanques (murets en pierres sèches typique du bassin méditerranéen, favorisant les cultures en espaliers, notamment l’olivier, et retenant les eaux lors des irrégulières précipitations).

Au-dessus de ces gorges, dans la falaise se dissimulent trois grottes préhistoriques : la grotte Mouret, la grotte des Chèvres et la grotte des Chauves-Souris.

Après 3 kms de descente nous arrivons sur le pont de la Nartuby qui s’écoule en contrebas parmi les rochers puis nous remontons sur l’autre rive, cap à l’est, empruntant la route interdite à la circulation depuis les terribles inondations de 2010 précitées, passant sous les rochers des Malines et la Baume de Saint Jean, faisant pour certains, un léger détour pour découvrir la chapelle Saint Jean récemment restaurée.

Délaissant la route interdite, nous prenons la D51, avec prudence sur 1,5 kms pour retrouver notre point de départ et faire notre pause méridienne à l’ombre des platanes.

Avant de reprendre la route pour Trans en Provence, certains déambulent dans les calades du vieux village, vers l’église de l’Annonciation et ses 3 retables, sa pittoresque « cagarelle » pente raide où se déversaient les eaux usées avant l’installation du tout-à-l’égout, continuant vers le belvédère en surplomb sur les gorges, dévoilant la tour sarrasine et en contrebas la chapelle Saint Jean, jusqu’au plateau Saint Anne surplombant le village et sa table des vents dénommant les 32 vents recensés en Provence tandis que d’autres dégustent un bon café sur la terrasse ensoleillée d’un bar riverain.

Jour 3 - Trans-en-Provence - Mardi 8 septembre - Après-midi -

Après une matinée de randonnée dans la nature, notre après-midi est consacrée à une déambulation urbaine, dans la commune de Trans-en-Provence, jouxtant Draguignan.

Nous partons du Pont Vieux sur la Nartuby pour la balade de la « Boucle du Calant » qui va nous faire découvrir les curiosités locales.

Après avoir longé les berges de la rivière nous traversons la passerelle himalayenne d’une longueur de 70 mètres qui surplombe les gorges de la Nartuby à une hauteur de 30 mètres. Elle nous procure des sensations fortes, accentuées par le balancement volontaire de certains de nos compagnons…

Dans un passé récent, la Nartuby, parfois impétueuse suite aux épisodes méditerranéens, est sortie de son lit et la crue a fait de nombreuses victimes.

Après un cheminement dans la ville, nous nous dirigeons vers une curiosité locale, unique en Europe : le Puits Aérien, une oeuvre de l’ingénieur belge Achille Knapen, venu se retirer à Trans en 1931. Cet ouvrage constitue la réalisation d’une expérience ayant pour objet de récupérer l’humidité de l’air pour un condensateur artificiel. Il a fallu un an et demi pour le construire. Les travaux furent terminés fin mai 1930. Le Puits Aérien de Trans ne tint toutefois pas ses promesses… puisque les meilleures nuits, Achille Knappen ne récupéra que la valeur d’un seau ! L’expérience s’est arrêtée là…

Notre journée s’achève, elle aura encore été bien remplie ! Nos randovaliens apprécieront davantage la journée libre du lendemain, certains se promettant de mettre à profit un repos récupérateur.

Portfolio

chapelle saint Jean Baptiste Trans en Provence chapelle St Jean Baptiste à Chateaudouble passerelle himalayenne à Trans Puits aérien de Trans en Provence hirondelle des rochers