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Club de Randonnée Pédestre de Puy-l’Evêque (46)

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Séjour à Sare, jour 6 - lundi 13 septembre 2021.

Fin de séjour en Pays Basque, après avoir chargé nos différents véhicules, nous prenons, en convoi, la route d’Ainhoa (l’un des villages basques répondant au label envié des « plus beaux villages de France » pour une visite découverte et pour les plus valeureux l’ascension du mont Atsulai par un chemin de croix vers la chapelle de l’aubépine.
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Sur les 22 participants initiaux, seuls 8 ont entrepris cette randonnée, les autres flânant dans les rues (et les commerces) de ce magnifique village basque, bastide sur le chemin de Saint Jacques, qui arbore le long de sa rue principale les façades aux couleurs blanches et rouges de ses maisons typiques.

Cette chapelle dédiée à Notre Dame, a été édifiée sur le flanc de la montagne. La Sainte Vierge serait apparue dans un buisson d’aubépines à un berger qui se serait écrié « aranza zu ! » (en français : « vous, dans un buisson d’aubépine ! » d’où le nom de la chapelle : Aranztzako Kapera.
Depuis fort longtemps, les fidèles d’Ainhoa et des villages environnants montent en procession à la chapelle le lundi de Pentecôte, par un chemin de croix.
C’est ce dernier que nous gravissons par une piste pastorale carrossable mais interdite à la circulation de tous engins motorisés sous peine d’une amende de 600 €. La montée progressive en lacets s’avère être très panoramique et donne de belles vues sur le village d’Ainhoa et sur les montagnes emblématiques du Labourd (la Rhune, l’Ibantellu et l’Atxuria) ainsi que sur le cirque de Xareta et la vallée de la Nivelle.
Nous passons devant la source d’Arantzazu avec sa vierge sur le rocher, avant d’arriver à la chapelle, point culminant de notre ascension (337 mètres), et au calvaire érigé en 1898, entouré de nombreuses stèles basques.
La descente rapide nous permet, malgré un emploi du temps très serré, d’admirer les maisons basques, de faire un détour par la maison du patrimoine, l’office de tourisme et de reprendre nos véhicules, direction Espelette (étymologiquement lieu planté de buis), capitale du piment, pour quelques emplettes.

En cours de route, nous longeons des champs de piment en cours de récolte, emblème du village.
En effet, le piment a été ramené du Mexique et introduit dans la vallée de la Nive par un navigateur basque qui accompagnait Christophe Colomb. Au début, il est utilisé en médecine. En 1650, il commence à être planté à Espelette. Très vite, il est utilisé comme condiments et pour la conservation des viandes et jambons. Ses graines sont progressivement sélectionnées et c’est ainsi qu’est née la variété Gorria, aujourd’hui appelée, par tous, piment d’Espelette, sur un territoire limité à 10 communes.
Les semis sont réalisés à partir du 15 février dans du terreau, puis repiqués en motte et élevés sous serre. La plantation s’effectue à partir du 1er mai en plein champ, les premières fleurs s’ouvrent courant juin. D’abord vert, le piment va atteindre sa taille définitive (de 7 à 14 cm) et va lentement se transformer en un magnifique fruit rouge. La récolte s’effectue toujours manuellement, elle ne concerne que les fruits rouges et s’échelonne de début aout aux premières gelées.
La vente s’effectue soit en poudre, soit en corde (minimum 20 piments de taille homogène).
Les piments destinés à la fabrication de la poudre vont finir par développer leurs aromes à l’air libre sur les façades ou sur des clayettes durant au moins 20 jours.

Arrivant à Espelette, nous admirons le château des barons d’Ezpeleta, ancien château forteresse flanqué, à l’origine de 5 tours (une seule actuellement demeure), dont la baronne Juliana Henriquez, décédée sans héritiers, légua, en 1694, aux habitants du village, puis nous arpentons les rues commerçantes, à la recherche qui, de tee-shirt basque, qui, de poudre de piment, qui, de produits authentiques notamment à l’épicerie bio (Elika Denda) dirigée par 12 producteurs et éleveurs locaux.

Retour au village vacances pour un repas de clôture de séjour et départ vers le Lot avec une petite halte au village de Laressore, siège de l’entreprise artisanale Anciart-Bergara, fabriquant de bâtons basques dénommé « makhila ».
Cette entreprise inscrite au patrimoine immatériel de l’Unesco, fabrique depuis 7 générations le makhila, à partir de bois de néflier scarifié sur pied, puis écorcé par la chaleur d’un four à bois et séché pendant 10 ans avant d’être façonné (tressage de la poignée et poinçonnage).
Après un petit film retraçant l’historique de la fabrication et de l’entreprise, nous visitons l’atelier inchangé depuis l’origine, accueillie par Liza (la 7eme génération) qui avec gentillesse redonna de l’éclat au makhila (et non à son propriétaire) légèrement usé par l’escalade des sommets basques, prodiguant force conseil d’entretien.

Ainsi s’achève notre périple basque, à bientôt pour un nouveau séjour sur les pentes du géant de Provence.

Impression d’une participante au séjour... :

- "Comment ça, vous allez où ?"
- " au pays-basque !"
- " il pleut tout le temps !"
- "mais c’est une légende !"
- " les basques sont particuliers"
- " mais c’est une légende !"
- blablabla ..........!!!
Entre 4h et 5h de route nous ont suffi pour un franc dépaysement : cette belle architecture de grandes maisons "style chalet autrichien", blanc/rouge/vert, une végétation verdoyante, des pelouses bien entretenues et des haies taillées au cordeau : mais c’est le paradis !! Nous sommes tous bien partis de la même région et bien arrivés à bon port, les GPS ayant chauffé au maximum pour biaiser des carrefours bien encombrés, des sorties mal contrôlées. Et puis certaines se sont même offert le luxe de passer par Bordeaux : voilà ce qui arrive quand on énerve un peu trop Mme GPS !!
Il est 14h "Bonjour tout le monde, comme nous ne pouvons pas regagner nos chambres, let’s go pour le village de Sare et ses environs ». Des nuages noirs et menaçants, tonnerre et éclairs, grosses gouttes et crachin entrecoupés de très belles éclaircies se sont succédés durant 1 journée 1/2.Mais notre optimisme, notre énergie, notre volonté, notre joie de vivre, notre humour et notre empathie ne nous ont jamais quittés. Cela a été un réel plaisir de tous se retrouver autour d’un verre et de pousser la plaisanterie à son maximum car il nous fallait extérioriser toutes les souffrances subies en escalades, glissades, crapahutages et une manière aussi pour Philippe de se faire pardonner : merci à toi pour tous ces bons moments. Et de plus, quelle belle surprise de participer au week-end des grandes festivités du village de Sare : défilés de chars déguisés, démonstration du jeu régional (pelote basque) et de la « force basque », musique et zincs sortis des bars !!!! L’incontournable messe du dimanche matin, en langue régionale pratiquée couramment dans la vie locale, accompagnée d’ une harmonie avec cors de chasse et chants bien distincts des femmes et des hommes, nous a littéralement pris aux tripes et montré à quel point les traditions de ce bout de France - son respect pour son peuple très solidaire, ses coutumes et sa langue - en ont fait une région véritablement attachante et unique : le PAYS-BASQUE !!!!
A bientôt de tous vous revoir.

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